... J'ouvrais les yeux pour la première fois ! Pour fêter mon premier moisiversaire, hier, maman et moi sommes allés rendre visite au pédiatre. Je vous annonce donc que je pèse 4kg320 et mesure 53 cm contre 3kg380 et 49 cm à la naissance. Le docteur a dit que je me portais à merveille et que mes courbes étaient parfaites. De quoi rendre ma maman très fière !
Normalement cet article devait être posté hier puisque le vrai jour de mes 1 mois était le 13 janvier mais il faut que je vous avoue qu'on est un peu débordé à la maison. Papa est parti dimanche matin pour 5 jours en Finlande et Loan a trouvé le moyen d'attraper la grippe accompagnée d'une bonne toux ! Ce qui fait qu'il ne va pas à la crèche. Maman jongle donc entre médecin, médicament, sieste et nuits difficiles, tétées.... Ce qui ne lui laisse pas beaucoup de temps pour venir mettre en ligne des articles.
Pour se faire pardonner, elle a (enfin !) fini de vous écrire le récit de ma naissance en détail.
Aller chercher les pop corn, le film va bientôt commencer !!!
Voici donc le moment pour moi de vous livrer le récit du deuxième plus beau jour de ma vie.
Tout a en fait commencé la veille, vendredi 12 décembre. Chéri et moi étions invités par un couple d'amis à aller voir une actrice comique dans un petit café théatre lyonnais. La soirée fut très sympathique bien que déjà ponctuée par quelques contractions non régulières mais légèrement douloureuses. Il faut dire aussi que le café théatre n'était pas des plus confortables pour une femme enceinte ! Le spasfon ayant fait cesser les douleurs en fin de soirée, je ne me suis pas du tout affolée.
Nous nous sommes couchés (certes un peu tard !) et les contractions ont recommencées mais toujours aucune régularité. Je me suis même endormie tranquillement le portable à la main.
C'est Loan qui nous a réveillé le lendemain matin, samedi 13 décembre, vers 6h00 comme à peu près tous les jours à ce moment-là. Il voulait venir finir sa nuit avec nous. Aucune envie de lutter un samedi matin, je me suis levée pour aller le chercher dans sa chambre et je l'ai installé avec nous.
C'est alors que les contractions se sont à nouveau fait sentir. J'ai repris mon portable pour vérifier la régularité mais elles étaient toujours très espacées et très irrégulières. J'arrivais même à me rendormir entre 2. A ce moment-là encore, je n'imaginais même pas que l'accouchement était imminent !
Tout c'est accéléré vers 7h45 quand j'ai réussi à émerger du sommeil pour me lever et aller préparer le biberon de Loan. Sauf que j'ai du m'arrêter en haut des escaliers parce que je venais d'essuyer 2 contractions bien douloureuses en moins de 5 minutes. Un peu en panique, je demande à Chéri de faire le fameux biberon pendant que je prends 2 spasfons et une douche bien chaude.
Je soumets aussi à ce moment-là l'idée qu'il serait judicieux d'appeler quelqu'un pour venir chercher Loan. Sauf que Chéri pense qu'il faut attendre encore un peu : "ça ne fait pas très longtemps qu'elles sont rapprochées tes contractions." Certes, la sage femme avait dit que pour un 2° bébé il suffisait d'attendre 1h avec des contractions régulières toutes les 5 minutes mais elle n'avait rien dit concernant des contractions régulières toutes les 3 minutes !!! Je pense qu'à ce moment-là, on aurait pu gagner des minutes précieuses....
Enfin bref, je suis sous la douche mais rien ne me soulage, ni l'eau chaude ni les positions abracadabrantes que j'essaie de prendre et ne parlons pas des spasfons ! Au bout de quelques contractions toujours plus douloureuses les unes que les autres, je crie (oui, là je crie !) à Chéri qu'il est grand temps d'appeler quelqu'un pour Loan et dans la foulée qu'il ferait mieux de prévenir les pompiers parce que je vais sûrement accoucher dans la baignoire. Sur ce dernier point, j'avais tort mais j'étais terrifiée !
Il a quand même appeler Papy Marco (mon père) qui a dû sauter dans ces fringues (je vous rappelle qu'on est samedi matin autour de 8h15) et conduire le plus vite possible jusqu'à chez nous. Malheureusement pour moi, bébé a décidé d'arriver un jour où il y a encore de la neige donc même si il a voulu faire vite, il lui a quand fallu 20 bonnes minutes pour arriver.
Moi, pendant ces 20 minutes, je souffre et j'ai peur mais heureusement j'ai mes 2 hommes qui me rassurent. Chéri d'abord qui m'exhorte de rester calme et m'aide à me sortir de la fameuse baignoire, à m'habiller. Et Loan qui sous les conseils de son père me répète à chaque contraction : "ça va aller Maman, je suis là." comme il le fait aujourd'hui quand son petit frère pleure. A ce moment-là, je suis toujours persuadée que je n'arriverai pas jusqu'à la clinique et ce qui m'embête le plus dans le fait d'accoucher à la maison, ce ne sont ni les risques, ni le fait vraiment d'accoucher, c'est que Loan assiste à tout ça. Déjà me voir hurlante à 4 pattes dans le salon ça ne doit pas être facile mais assister à la naissance de son frère !
Heureusement Papy Marco arrive et prend en charge Loan pendant que Chéri charge la voiture et l'amène le plus près possible de la porte. Moi je suis, cette fois, allongée par terre dans l'entrée à la recherche d'un peu de frais du carrelage. J'embrasse un millier de fois mon grand garçon et m'excuse pour ce qu'il vient de vivre même si Papy Marco et Chéri me rassure en me disant qu'il n'a pas l'air perturbé du tout.
Chéri m'accompagne jusqu'à la voiture et là, ma seule crainte c'est d'avoir une contraction qui m'oblige à me plier en 2 par terre et à hurler... ça le fait pas trop pour les voisins ! Je remercie aussi le ciel qu'on soit en pleine hiver, tout le monde a donc ces fenêtres fermées voire même les volets puisqu'il est à peine 8h50.
Nous laissons le soin à Papy Marco de fermer la maison en partant avec Loan et déjà Chéri fonce vers la clinique. Encore une fois, on a de la chance d'être samedi et assez tôt, du coup il n'y a pas de circulation mais il reste toujours des traces de cette fameuse neige qui hier encore me plaisait tant ! Le trajet durera à peine 15 minutes sur les chapeaux de roue. Je ne compte plus le temps qui sépare les contractions, trop occupée à me concentrer pour ne pas pousser. Chéri m'avouera après qu'il a commencé à réaliser l'urgence à ce moment-là puisqu'en moins de 5 minutes j'avais déjà eu 3 contractions.
On arrive sur le parking de la clinique, il est 9h05, Chéri me dit qu'il va falloir que je marche jusqu'à l'intérieur. Je lui répond que c'est impossible, mes jambes, mes mains sont tétanisées. Je l'envoie donc chercher du renfort. Il revient rapidement et juste à temps pour assister à la plus horrible de mes contractions qui m'oblige à hurler à la mort. Lui n'a plus de tympan et une dame se retourne sur le parking ! Heureusement, 2 sages femmes arrivent avec une chaise roulante. Chéri m'aide à monter les 3 marches devant l'entrée (pourquoi y a-t-il des marches devant une clinique ???) et je m'écroule dans la chaise roulante. La sage femme me conduit vigoureusement jusqu'aux ascenceurs. Pendant ce temps, Chéri file garer la voiture. Moi je ne maîtrise plus rien, je demande une péridurale mais la sage femme a déjà compris que c'était trop tard et ça me fait de plus en plus peur ! Après l'ascenceur, je ne me souviens que d'une chose, le nom de la salle d'accouchement écrit sur la porte : Salle 6 - Tête d'or. Comme le parc Lyonnais du même nom.
On m'aide à m'allonger, à me déshabiller. une sage femme essaie de poser un monitoring mais c'est inutile, j'ai juste le temps d'entendre quelques battements de coeur du bébé, une autre qui tentais de m'examiner annonce qu'elle voit la poche des eaux bombées et qu'elle va la percer. Je demande si je peux pousser, on me répond que oui mais je m'arrête en disant que je ne peux pas commencer sans Chéri !!!! Heureusement le voilà qui arrive, il a eu un peu de mal à trouver la salle puisque tout le personnel était avec moi ! Personne pour le renseigner dans les couloirs à part un anesthésiste qui ne m'aurait servi à rien et peut lui indiquer la salle.
Il m'a dit après qu'il avait juste eu le temps de se mettre à côté de moi avant de voir jaillir les eaux quand la sage femme à percer la poche.
Je me concentre pour pousser comme on me l'a appris et j'ai l'impression d'être assez efficace même si je m'aperçois que je pousse alors qu'il n' y a pas de contractions ! Il n' y a que moi qui sais quand elles arrivent puisque je n'ai pas de monito. En voilà une autre, je pousse et là j'ai l'impression d'être dans un dessin animé, la douleur de la tête du bébé essayant de passer est si violente que j'ai l'impression d'avoir les yeux qui me sortent de la tête et je dis : "ah non ça va pas être possible !". J'entends alors plusieurs personnes qui me disent que si, il va bien falloir, que c'est presque fini. Alors, je prends mon courage à 2 mains et je pousse... Je sens la tête passer... Je reprends mon souffle et je pousse à nouveau... Je sens tout son petit corps sortir !!! C'est une sensation tellement merveilleuse que je ne connaissais pas puisque pour Loan j'avais eu une péridurale. Il est 9h21, Liam est né ! Je l'entends déjà crier, puis on me le met sur le ventre, il est doux, chaud, humide mais.... tout bleu !!!
Là je panique un peu, comment je peux l'entendre crier alors qu'il est tout bleu. Je me retourne vers Chéri qui est tout ému et me dit que ça va. Une sage femme confirme : il va très bien, ce n'est pas grave qu'il soit un peu bleu, ça va passer.
Et voilà ! ça y est, je tiens mon 2° petit garçon dans mes bras et je suis la plus heureuse des mamans. Je n'ai plus mal (pour l'instant !) et je commence à réaliser ce que je viens d'accomplir... c'est con mais je suis fière de moi. Fière d'y être arrivée sans péridurale ! Je réalise aussi que ça y est notre vie à 4 commence et j'ai hâte de présenter mon petit bout à son grand frère.
La suite est plus banale, je me sens bien et je remercie tout le personnel pour tout ce qu'ils ont fait, même la gynéco qui m'a appuyé sur le ventre (Aïe, Aïe, Aïe !!!) pour faire sortir le placenta et fait quelques points sur une petite déchirure !